Morosité

vendredi 13 octobre 2006
par  Jacques M

Je voudrais vous faire part d’une impression de malaise ou de coincement que je ressens depuis quelques mois dans ma fidélité et mon enthousiasme plus que trentenaire envers Xavier et ses travaux, que nonobstant les différentes nuances émergées depuis quelque temps, je continue de nommer TGS, pour faire court.

Je dis bien malaise dans ma fidélité et mon enthousiasme. Et non malaise envers tel ou tel propos, telle ou telle supputation, telle ou telle personne.

Mais c’est comme si cette unité et ce sens recherchés par moi depuis trente ans volaient en éclat.

Ainsi, j’ai confusément l’impression que le développement par Xavier de l’histoire culturelle sous la seule lumière de la foi, avec les partition pro, anti et para, est à la fois prématurée et trop catégorique. Prématurée car manquent encore les validations des hypothèses et ouvertures formulées par la TGS dans sa découverte des trois donations d’accord ayant eu lieu dans l’histoire naturelle. Trop catégorique, car il me semble que l’explicitation par Xavier de catégories para et anti face à chaque "ratification" culturelle des donations des boussoles naturelles, cherche à nourrir une théologie du salut : pour qu’il y ait un salut apporté par un sauveur, il faudrait donc définir, dans l’histoire culturelle, qui sont les "perdus" à sauver...

J’ai aussi l’impression confuse que le groupe est en train de perdre sa cohésion, et cela me gêne (c’est dans mon caractère), même si je pense que c’est là une étape nécessaire et normale dans la tâche d’approfondissement et de questionnement que nous nous sommes donnée. Car un conflit est souvent source de progrès et de nouvelle cohésion. A condition qu’il donne lieu à une confrontation, et non à un affrontement.

Enfin, j’ai réellement l’impression de décrocher intellectuellement, de ne rien comprendre aux propos qui se sont récemment échangés (parexemple la réponse de Sion à Xavier, le courriel de Michel Nguyen Thé...) entre nous ainsi qu’aux sujets qu’Alain nous propose pour notre prochaine réunion.

Ceci dit, pour ne pas me confiner dans des propos pleins de désillusion, je dois dire que j’ai trouvé que Xavier, dans ses commentaires au travail de synthèse fait par Sion, a très bien explicité ce qui fait pour moi le fondement et l’originalité de sa démarche. Et il l’a fait de façon très claire, puisque j’ai l’impression d’avoir compris.


Commentaires  forum ferme

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samedi 21 octobre 2006 à 11h09 - par  Eric LOMBARD

13/10/06
Mes chers amis du Goupe Béna,

Salut à tous et notamment à Jacques, Bertrand, Xavier, Eric, Michel avec lesquels j’au eu des échanges.

Je suis très sensible aux contenus des messages de ces derniers jours.

Jacques a parfaitement raison de dire que la réponse de Xavier est tout à fait compréhensible et elle colle au plus près au texte que j’ai soumis (qui n’est qu’un simple résumé des concepts de la TGS). Cette reformulation de Xavier est fondatrice, j’en suis convaincu, d’une méthode et d’un langage nouveaux qu’il sera nécessaire d’apprendre à l’avenir pour mettre en perspective les acquis des différentes disciplines scientifiques. C’est une ouverture vers ce que je pourrais nommer une « historiographie » de la science mais formulable en une logique qui comprend ses fonctions, ses opérateurs, ses résultats et ses prédicats.

Bertrand a bien raison de dire toute son admiration pour la vigueur de la pensée de Xavier, admiration que je partage totalement.

J’au déjeuné mardi avec Michel et nous avons surtout parlé de choses fort banales concernant le boulot. Mais aussi un peu de la TGS. Michel m’a dit tout son intérêt pour l’épistémologie issue de la TGS pour laquelle il aimerait trouver des applications.

Donc rien n’arrêtera la dynamique lancée et le travail du Groupe. Aucun nuage ne peut obscurcir définitivement l’horizon. Ecartons la morosité Jacques et regardons vers la clarté, la lumière et vers Béna, le site le plus ensoleillé de France

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samedi 21 octobre 2006 à 11h12 - par  Eric LOMBARD

13/10/06
Suivant les échanges par e-mail mais ne pouvant y consacrer le temps que je souhaiterais étant donné ma charge de travail actuelle, je ne puis que vous convaincre combien il faut rester humble et garder confiance et humour ; aussi, je vous envoie cette petite chanson bien naïve que m’ont inspiré le big-bang et le modèle standard ; sans doute me faudrait-il en faire une sur la TNN maintenant ! ; plus sérieusement, il est normal que tout groupe passe par des hauts et des bas mais l’onde de la vie continue par delà les maxima et les minima et de toute facon comme me disait un ancien professeur "il vaut mieux avancer dans le désordre que de piétiner dans l’ordre" ; peut-être rétorqueront certains est-on en train de piétiner dans le désordre pour le moment, mais du chaos souvent émerge quelque chose de nouveau et nous sommes artisans, au risque de nous tromper et à notre humble échelle, d’une nouvelle émergence, d’un nouveau paradigme que beaucoup de philosophes, de scientifiques, de théologiens entrevoient se dessiner à l’horizon. Recherchons dans la TNN ce sur quoi nous sommes d’accord plutôt que ce sur quoi nous sommes en désaccord et tentons de développer cela le plus loin possible ; le dernier mail de Xavier est d’une densité telle qu’il nous faut le relire plusieurs fois pour bien comprendre la richesse du contenu et il mérite qu’on s’y attarde lors de notre réunion de décembre car il soulève bien des questions notamment en ce qui concerne l’histoire naturelle et l’histoire culturelle ;

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samedi 21 octobre 2006 à 11h15 - par  Eric LOMBARD

14/10/06

Tes doutes, tes difficultés, tes moments de déprime, voici 5o ans que je les
affronte quotidiennement dans la claire conscience que je suis engagé dans
une entreprise surhumaine, quasi désespérée, qui ne peut me réserver que "du
sang, de la sueur et des larmes " comme disait Chruchill en 1940 aux
Anglais.
Si j’ai persévéré c’est dans la conviction croissante que la situation du
monde est plus désespérée que la mienne. De nos jours des cris d’alarme
comme ceux de Nicolas Hulot où d’Al Gore arrivent trop tard car comment
croire qu’ils sont susceptibles d’être entendus séance tenante par les
Chinois, les Arabes et autres pays émergents alors que Bush lui-même ne les
entend pas. De plus j’ai tendance à penser, à voir l’évolution de la
conjoncture internationale, que mes petits-enfants.ne couperont pas d’une
guerre nucléaire. Les futurs candidats à la présidentielle ne se rendent pas
compte qu’ils seront impuissants face à cette conjoncture de mutation. Quant
à BenoitXVI il l’apprhénde encore moins et li bricole des rafistolages en
laissant l’Èglise parler au 21ème siècle le langage du 19ème. .
Donc le monde a besoin d’être sauvé mais il ne le sera pas par des soins
palliatifs et de l’acharnement thérapeutique. Il ne pourra l’être que par un
événement totalement imprévisible et inattendu auquel personne ne pense et
même que l’on se refuse à espérer.

C’est la thèse d’Edgar Morin qui m’envoie ce matin un message
d’encouragement :
"Oui, cher Xavier Sallantin, je crois en l’impossible et l’inattendu, mais
je n’en ai aucune certitude et il y a beaucoup de sang, de larmes, de folies
..."

L’événement ne peut-être que l’achèvement du dévoilement de la vérité sur
l’économie de l’Univers à laquelle l’homme n’a cessé de travailler, qui a
progressé de manière explosive avec la science moderne, mais que cette même
science enferme aujourd’hui dans un pessimisme épistémologique qu’elle croit
scientifiquement fondé et qu’elle n’est pas disposée à remettre en cause :
"À coup sûr, la connaissance est vouée à être jamais achevée !".C’est
pourquoi sur neuf éditeurs saisis du Livre 0, sept ont répondu qu’il ne
rentrait pas dans leur ligne éditoriale. Ils ont raison d’avoir peur de
publier un illuminé qui n’a aucune référence autorisée. .J’attends donc
encore deux réponses sans aucune illusion. Mais puisqu’il faut croire à
l’inattendu j’envisage de saisir d’autres éditeurs moins connus !.
Mon souci de l’avenir des jeunes que j’aime et dont je mesure les épreuves
qui les attendent, mon amour de l’homme et mon admiration pour l’¦uvre déjà
accomplie, et aussi ma foi chrétienne, m’ont conduit à remettre en cause
cette désespérance. Car le Créateur aurait bonne mine si faisait fiasco son
dessein d’amour dont il a confié à l’homme la libre réalisation. Pour moi la
bonne nouvelle apportée par le Christ c’est le salut du monde dont nous
avons à être les artisans pleins de confiance puisqu’il nous fait savoir que
nous sommes comme lui fils de Dieu appelés comme lui, en lui avec lui à
vaincre la mort et à faire advenir, non pas une civilisation de l’amour qui
serait la nôtre relookée, mais une recréation dans la consommation de
l’amour entre le Créateur et la Création présente récapitulée..
Or j’ai progressivement découvert que ma remise en cause de l’épistémologie
présente désenchantée m’ouvrait sans cesse sur des hoirizons insoupçonnés.
En logique, en mathématique, en linguistique, en informatique, et dans tous
les domaines de la connaissance rationnelle, nous sommes prisonniers de
dogmes faute de reconstituer la genèse naturelle des ces dogmes. Je
travaille actuellement sur les Théories des jeux, de la décidabilité, de la
démonstration et je m’aperçois avec stupeur que lorsque Pascal cherche à
optimiser la décision entre deux partis à prendre, ou que Hillbert se pose
la question de la décidabilité, ils ne se préoccupent nullement de ce
qu’une décision n’est décidable que moyennant ces décisions préalables
prises d’un commun accord sur des sens uniques que la TGS révèle en tant que
polarisations naturelles successives des Onto, Proto, Cosmo, BIo, etc...
sphères. Ils ne voient que la partie émergée d’un iceberg alors que
paradoxalement la Physique sonde maintenant sa partie immergée jusqu’au Big
Bang.et espère sous peu déboucher sur une Théorie du Tout complète. C’est
alors selon moi que s’amorcera l’arc électrique entre le dévoilement par la
science des savants et la révélation à la foi des croyants.
Autre exemple très récent : le remarquable dossier sur la Lumière de "Pour
la Science". Octobre/Décembre 2006. Vous verrez qu’Alain Aspect fonde tout
sur l’intrication, mot ignoré il y a 20 ans quand j’ai commencé à l’utiliser
pour exprimer l’articulation des trois grandeurs Tezmps, Force, Espace, au
sein de l’action..Je soulignais combien cette intrication était intrigante,
qu’elle me semblait comme le n¦ud de l’intrigue de la Création, du complot
ourdi par le Créateur en créant, empreinte de sa propre intrication
trinitaire. Or à aucun moment Alain Aspect, ne s’interroge sur la cause et
le pourquoi de cette intrication fondamentale en théorie quantique (cause
des trois inégalités de Bell comme des trois relations de Heisenberg). Il se
donne l’intrication sans en faire l’épistémologie ni concevoir qu’elle fonde
une logique naturelle trialectique plus générale que la logique
mathématique actuelle qui n’en est qu’un cas particulier, quelle rend compte
de la genèse naturelle de l’arithmétique, de l’informatique, du langage
etc...

Tout ceci me dépasse complètement, j’ai de quoi être désespéré d’autant plus
que je me déglingue chaque jour un peu plus, mais j’ai mis la main à la
charrue. Je réalise que laborieusement, douloureusement, au prix de maintes
embardées, j’aperçois chaque jour un peu plus clairement le rivage encore
embrumé d’un nouveau monde. Donc je force de vapeur bien convaincu que
d’autres débarqueront un jour car l’homme ne peut renoncer à progresser vers
plus de vérité, surtout quand sa survie est menacée par les limites
présentes de ses connaissances qu’il croit en outre et à tort définitives..
Revenons au groupe Béna. Jespère pouvoir envoyer avant la prochaine réunion
une nouvelle mouture du Livre 0 ainsi que les premiers chapitres du Livre 1
qui abordent la TGS de manière entièrement nouvelle sous cet angle
épistémologique. Ma méthode m’apparaît désormais clairement. Je souffre
beaucoup pour la monnayer car il me faut grimper à toutes les branches de
l’arbre de la connaissance en commençant par le tronc. Chaque jour je
progresse et chaque jour je tombe sur un os ou je m’égare sur une branche
morte. Chaque jour j’ai envie de redescendre.
Pour éviter de céder à mes humeurs noires, mon chromosome du sel me fait
garder l’humour en observant le pitoyable acrobate que je suis. Mais si je
me casse la gueule je pourrai enfin me reposer au merveilleux cimetière de
Brangoly ; Je promets que là-haut je ne les laisserai pas en repos tant
qu’ils n’auront pas répondu à toutes mes questions ;
Mon chantier m’attend, chaque jour dix heures à mon ordinateur, soutenu par
ma passion d’en savoir plus et aussi par ma crainte de trahir ceux qui ont
eu la malchance de s’intéresser à ma quête.et envers qui je suis tellement
redevable De toute manière il me semble que l’avenir de Béna et de la TGS se
joue désormais à très court terme, comme celui du monde. À chacun d’apporter
sa pierre sans exiger de savoir à quoi elle sert ni d’assister à
l’inauguration de la cathédrale.

J’arrête ce laius improvisé ; la lumière de Béna est merveilleuse, la nature
se décide très lentement à basculer vers l’automne. Madame Orriols me
prépare un déjeuner aux petits oignons et Valérie compte bien sur moi pour
la cueillette des cynorrhodons qui sont superbes, les noix aussi. Quant à
Evelyne vous admirerez bientôt son travail en voyant avec quel talent et
quel mérite elle met mes textes à jour de leurs incessantes corrections.
Merci à toi Jacques et aussi à Sion d’avoir posé les bonnes questions.