Les trois voies pour connaître

Réflexions pour éclairer la lecture des oeuvres de Xavier Sallantin
mercredi 6 février 2008
par  Michel GODRON

Xavier Sallantin peut donner l’impression qu’il mélange indûment la science, la philosophie et la religion chrétienne. Il ne me semble pas qu’il y ait confusion, dans son esprit, entre les modes d’argumentation de chacun de ces trois domaines, mais il peut être utile de rappeler les caractères propres de chacun de ces domaines de connaissance, pour éviter de mal interpréter sa pensée.

En effet, le verbe "connaître" est au centre de l’activité humaine, aussi bien pour connaître l’univers, que pour se connaître soi-même et pour connaître l’Être qu’il est convenu d’appeler Dieu. Il s’agit bien, dans le premier cas, de "naître avec" la perception de ce qui nous entoure, dans le second cas de "naître avec" notre personnalité qui se développe depuis notre naissance matérielle et, dans le troisième, de "naître avec" un Absolu vivant qui englobe et dépasse toute matière. Cependant, dans ces trois cas, nous ne connaissons pas de la même manière et il est nécessaire de préciser les différences entre ces trois modes de connaissance ...

La note ci-jointe, dont voici le sommaire, est un brouillon éminemment discutable et je souhaite que les membres du Groupe Béna me fassent part de leurs critiques, sans craindre de me froisser.

Les trois voies pour "connaître"

1. La connaissance scientifique

1.1 La mathématique

1.2 La physique (et la chimie)

1.3 La biologie

1.4 Les limites de la connaissance scientifique

2. La connaissance de soi-même grâce à la philosophie

2.1 Science et philosophie

3. Au-delà de la science et de la philosophie, la connaissance théologique

3.1 Les limites de la connaissance philosophique

3.2 La connaissance de Dieu

La connaissance de l’univers peut conduire à la connaissance de Dieu

Xavier Sallantin et la Création

La réflexion philosophique peut aboutir à une certaine idée de Dieu

A l’origine des religions monothéistes, Dieu se révèle
La démarche théologique

L’analogie et la pensée chinoise

4. Conclusion : une précaution nécessaire pour bien comprendre la TGS et la TNN


Documents joints

Les trois voies pour connaître (9 p)
Version II du 9 février 2008
Version III 16 pages janvier 2010

Commentaires  forum ferme

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mardi 2 février 2010 à 22h08 - par  Bertrand LALLOUR

Cher Michel,
Merci de la nouvelle version (sur 16 pages) des "Trois voies pour connaitre" : connaissance scientifique, connaissance philosophique, et connaissance théologique.

Vous avez tout à fait raison de souligner que ces différents domaines, sont des domaines différents, quoique complémentaires, puisqu’il s’agit toujours de se "connaitre soi-même".
A propos de la connaissance philosophique, vous m’avez, justement, rappelé que Kant distinguait les "noumènes" ( choses en soi, uniquement par entendement pur), des "phénomènes" ( apparaitre sensible, correspondant à la réalité empirique).
C’est une distinction très importante, car nous sommes (les hommes) attirés naturellement par ce qui nous dépasse, par ce qui est invisible pour nous, par la "transcendance".

J’ai apprécié vos citations de Husserl et de Michel Henry, concernant le phénoménalisme.
J’ai également aimé vos citations de Platon, qui a certainement une "idée de Dieu" assez partagée aujourd’hui, quoique insuffisante. "En vertu de ce calcul, Il installa l’intelligence dans l’âme, puis l’âme dans le corps, et construisit l’univers de manière à réaliser ce qu’il peut y avoir de plus beau et de plus excellant". (Timée).

Mais ce que j’ai le plus apprécié c’est "La connaissance de Dieu", P8, quoique vous disiez, avec justesse, qu’elle excède toute compréhension.
Peut-être manque-t-il un texte sur "La Mort et l’Au-Delà",
mais je suis heureux que vous ayez évoqué la Pensée chinoise, dont Fr Jullien est la meilleure référence (avec François Cheng).

Merci pour tout, et grande amitié. B.Lallour.

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jeudi 13 mars 2008 à 09h27 - par  Michel GODRON

Bonjour à tous,

Cette réponse de Jacques me semble excellente et je glisse seulement ces quelques commentaires positifs en italiques :

La plupart des philosophes n’osent pas afficher explicitement leur soif de connaissance, par pudeur, par discrétion sur leur vie intérieure.
Pourtant, la plupart des dialogues de Platon commencent par une introduction qui explicite la soif de connaissance qui est à l’origine de la discussion. Par exemple, au début du Phèdre, il est écrit "nous allons parler d’une chose qui est ton affaire : l’amour". Kant parle du "sommeil" dont il est sorti pour amorcer sa Critique de la raison pure" et parle d’une "révolution copernicienne" qui s’est opérée dans sa manière de voir le monde. Augustin s’adresse à Dieu et dit : "Comment t’invoquer dans te connaître ?" Spinoza dit, à la fin d’une de ses oeuvres les plus abstraites, qu’il l’a écrite pour satisfaire un besoin vital, qu’il n’a pas essayé de dissimuler.

Racines :

Oui, ces racines sont essentielles, mais ne deviennent-elles pas un sujet de recherche seulement si on les remet en cause, si l’on éprouve le besoin de voir dans quelle mesure elles nous ont conditionné ?

Qui suis-je :

"Qui suis-je ?" est peut-être la question récurrente chez les phénoménologues...

Sens :

La dimension collective est justement à l’origine du Groupe Béna !

Pourquoi l’humain a-t-il, à la différence des animaux par exemple, besoin de se trouver des Racines ?

Bonne question, dirait-on dans un débat télévisé !

Pourquoi l’humain a-t-il besoin de trouver ce qui le fonde dans son identité, et cela au-delà de toutes les évolutions liées au déroulement de sa vie ?

Bonne question, dirait-on dans un débat télévisé !

Pourquoi l’humain a-t-il besoin de trouver un sens à sa vie, et le cherche-t-il dans un futur de sa destinée ?

Bonne question, dirait-on dans un débat télévisé !

A ces trois questions, je répondrai, pour ma part, sans botter en touche :

1) Ce besoin de comprendre ce que je suis, et où je vais, c’est le point de départ de toute réflexion "philosophique", cher Jacques, puisque les Grecs disaient déjà que la recommandation philosophique première est "Connais-toi toi-même". Il n’est pas nécessaire d’avoir lu les philosophes pour entreprendre une réflexion philosophique. Quand vous avez écrit : "Et je prends enfin le temps de vous soumettre à mon tour mes réflexions." vous avez entamé une réflexion parfaitement philosophique, comme je l’ai fait implicitement en écrivant il y a longtemps une petite introduction destinée à justifier mon désir de regarder au-delà des frontières du domaine scientifique (voir ci-dessous).

2) Ce besoin de comprendre ce que je suis, et où je vais, il me semble que c’est l’une des portes d’entrée de ma relation avec Celui qui m’a donné la vie, qui attend à ma porte et qui frappe pour me demander si j’accepte de lui ouvrir ("Sto et pulso" ).

Le groupe Béna a aussi échangé sur les domaines et les modes d’acquisition de connaissances, et montré des points de départ différents. Je suis d’accord avec vous dans le fait que distinction ne veut pas dire séparation. Les deux parties du cerveau, l’une plus rationnelle et l’autre plus intuitive, dit-on, sont reliées entre elles, et opèrent chacune pour sa part dans les modes d’acquisition de connaissances. Une approche dite rationnelle (avec des méthodes telle que l’analyse, ou l’approche hypothético-déductive, voire même l’approche statistique), et une approche dite intuitive (avec la part de l’imagination, de l’analogie, voire même de la projection à partir de l’expérience) sont toutes deux, pour moi, constitutives de l’humain.

Oui, bien sûr, et je suis tout à fait d’accord pour dire que notre préhension du réel fait intervenir évidemment ensemble les deux hémisphères de notre cerveau, et les trois modes de connaissance que j’ai essayé de cerner ("distinguer pour unir")

... chaque domaine de recherche a besoin de rationnel et d’intuitif, de génie et de transpiration, du moins à mes yeux.

Oui, absolument, chaque domaine de recherche a besoin de rationnel et d’intuitif, de génie et de transpiration, et mon but était seulement de souligner que la pensée de Xavier méritait d’être appréciée dans chacun de ces trois domaines.

Les 3 critiques que j’ai reçues en réponse à ma proposition de réflexion sur les trois domaines de la connaissance convergent pour dire que ces trois domaines ne sont pas séparés, puisque c’est toujours une personne, un "je" qui connaît. C’est parfaitement juste et je corrige ma proposition pour en tenir compte.

Il me semble maintenant possible d’entrer dans le vif des questions épistémologiques et de voir de plus près le premier déboguage dans l’esquisse d’ébauche de brouillon ci-jointe (voir article "Une lecture des propositions de Xavier Sallantin ") que je soumets à vos critiques qui me sont indispensables pour avancer. (Merci encore à ceux qui ont bien voulu réagir à mon "préambule" concernant les trois domaines de la connaissance)

Pourquoi un scientifique heureux peut-il être encore aujourd’hui démangé par les puces de Diogène ?

Pourquoi un scientifique heureux peut-il être encore aujourd’hui démangé par les puces de Diogène et se sentir saisi par un démon de midi qui le rend tardivement amoureux de la Sagesse ? Quelle insatisfaction peut le conduire hors du domaine balisé qu’il a parcouru allègrement en compagnie de quelques bons amis ? Tout simplement la sensation de plus en plus aiguë de marcher sur l’île flottante de son domaine de recherches, qui dérive vers le large au point qu’il n’est plus possible de voir les îles voisines, portées par des courants subreptices au-delà de l’horizon des connaissances.

Faut-il se résigner à vivre dans un monde rationnel éclaté, à tourner en rond dans son jardin spécialisé, séparé des voisins, et maigrement arrosé par les capricieux canaux des institutions qui font la politique de la science ? Non merci, il est plus amusant de prendre une gibecière, deux collets, trois grains de sel et quatre allumettes, pour aller en visite chez nos voisins philosophes, qui ont suivi l’Effraie aux yeux pers chère à Hegel, dont l’envol au crépuscule donne le signal du départ.

Si vous acceptez de me suivre, nous délaisserons donc, ce soir, les routes encombrées par les merveilles de la technique moderne et surveillées par la police des frontières scientifiques. Nous prendrons un peu de recul pour regarder le terrain que nous avons labouré pendant les heures de travail, en espérant y trouver des vérités solides.

Nous constaterons alors que "même si toutes les possibles questions scientifiques ont trouvé leur réponse, nos problèmes de vie n’auront pas même été effleurés". Nous chercherons alors si les lueurs incertaines qui pourraient émerger du brouillard vespéral apporteraient des réponses à nos problèmes de vie.
Sortant ainsi de notre enclos, nous suivrons les sentiers frayés par les pas répétés de ceux qui ont essayé avant nous de comprendre le sens de leur vie dans une démarche proprement philosophique. Nous regarderons alors, pupilles grandes ouvertes, les repères dont ils ont jalonné leur chemin (§ 92) et nous ferons le point grâce aux étoiles qu’ils ont allumées.

Enfin, après ce parcours de liberté, nous pourrons chercher plus avant, à l’horizon, si une aurore éclaire d’autres terres où il fera bon marcher dans un jour nouveau (§ 93). Il faudra alors voir le crédit qu’il est raisonnable d’accorder à des personnes qui témoignent d’une réalité transcendante comme l’a fait Augustin d’Hippone : "J’ai interrogé la Terre et elle m’a dit : je ne suis point Dieu. Tout ce qui s’y rencontre m’a fait le même aveu ... et j’ai dit à tous les êtres qui assaillent les portes de mes sens : entretenez-moi de mon Dieu, puisque vous ne l’êtes point. Dites-moi quelque chose de Lui. Ils m’ont crié d’une voix éclatante : c’est Lui qui nous a créés."

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vendredi 7 mars 2008 à 11h03 - par  Bertrand LALLOUR

Je réagis,à mon tour, sur la récente intervention de Jacques M., en le félicitant de proposer l’acronyme R.U.S. : Racines, Unité, Sens, qui est très parlant.
Béna privilégie le Sens,Teilhardest visionnaire de l’Unité, car l’Univers est Un par convergence et par centration, mais le concept de Racines (Roots) est très important culturellement parlant.

Il faut cependant, me semble t’il, ajouter le mot "Dieu", qui fait partie,de nos préoccupations essentielles.
Le concept de Dieu ne se laisse pas facilement appréhender, car sa figure semble toujours entachée d’anthropomorphisme, alors qu’elle est naturellement transcendante !
On ne peut approcher le silence de Dieu que par la Mystique : foi et adoration qui révèle la proximité de Dieu dans le Monde pour l’esprit de l’Homme.
Mais c’est peut être ouvrir la boîte de Pandore, car Dieu implique Création, puis Créature (donc Evolution)...
"Au bout du chemin, il y a Dieu au commencement du chemin" (Ed.Jabès).

Je souhaiterais volontiers ajouter encore un mot qui me parait important, celui de - Mort -
car il exprime le contraire de l’Existence présente, et conduit chacun à s’interroger sur les schémas d’un Au-Delà (Sur-Vie possible ?).

Le plus étonnant, dans toutes ces spéculations, est peut-être notre souci commun, et qui cependant nous apparait comme individuel et personnel, de comprendre la marche du Monde et le rôle de l’Homme !

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mardi 4 mars 2008 à 09h57 - par  Jacques M

Bonjour à chacun,

J’avais prévu depuis longtemps de répondre à la sollicitation de Michel Godron face à son essai sur les méthodologies de Xavier. Et vous avez échangé de nombreuses réactions, sur des points quelque peu différents de ceux qui m’intéressent ici. Et je prends enfin le temps de vous soumettre à mon tour mes réflexions, que je soumets à votre indulgence.

Ma réaction se concentre essentiellement sur le besoin que l’homme a de nouvelles conséquences, de nouvelles conquêtes (« pourquoi monter sur l’Everest ? Mais parce qu’il est là, tout simplement », disait sir Hillary).

Mon but de recherche, de connaissances nouvelles, de réflexions, d’acquisition de témoignages ou d’expériences de mes prédécesseurs… se fonde sur mon besoin du pourquoi (pour quoi) du monde, et de notre présence (humaine) en son sein.

C’est pour moi une question intéressante (essentielle ?) de chercher pourquoi certains , parmi les hommes, manifestent un soif plus ou moins grande de « connaissances ». Je ne peux pas parler pour les autres, et ma culture philosophique est si nulle que je ne sais pas si un philosophe a cherché à explorer cette question pour l’humanité au sens large.

Mais pour moi, il y a trois raisons (je pourrais dire dimensions) qui me poussent dans cette quête de connaissances, et que je résume par l’acronyme RUS : recherche de mes Racines, recherche de ce qui fait mon Unité, et recherche de ce qui donne Sens à ma vie.

Ces trois mots Racines, Unité et Sens sont chacun multiformes. Ainsi :

-  Racines signifie groupe d’appartenance (du sens le plus strict (famille) au plus large (humanité) ; dans ses dimensions temporelle (histoire), spatiale (géographie), culturelle (civilisations), spirituelle (religions, philosophies)… ; mais aussi caractéristiques de l’être humain (le physique, le psychique, le sens moral, l’élévation spirituelle… ) ; bref, une recherche dans tout ce qui est , intrinsèque à tout humain, et ce qui est contingent à son hérédité, son histoire personnelle, ou tribale…, son expérience…

-  Unité signifie aussi continuité, identité, unicité… de chaque personne, et de moi-même en particulier, face et dans ce qui constitue ses Racines.

-  Sens reprend bien sûr les trois acceptions que ce mot possède en français (signification, direction et moyens de perception de ce qui nous entoure), que l’on peut développer plus amplement.

Ces trois mots ont pour moi à la fois une dimension personnelle et une dimension collective, relative aux cercles d’appartenance de plus en plus large auxquels je m’agrège.
Mon acronyme résume peut-être quelques motivations pour lesquelles l’homme manifeste cette soif de connaissance. Mais je sais bien qu’il soulève aussi de nouvelles questions :

- Pourquoi l’humain a-t-il, à la différence des animaux par exemple, besoin de se trouver des Racines ?

- Pourquoi l’humain a-t-il besoin de trouver ce qui le fonde dans son identité, et cela au-delà de toutes les évolutions liées au déroulement de sa vie ?

- Pourquoi l’humain a-t-il besoin de trouver un sens à sa vie, et le cherche-t-il dans un futur de sa destinée ?

Et j’ajouterai une question complémentaire, tirée d’une lecture récente, et de mon expérience de parent adoptif : pourquoi l’humain a-t-il besoin de se trouver des racines solides avant de pouvoir envisager un avenir quelconque ?

A titre personnel, j’ai remarqué que mon besoin d’apprendre pouvait aussi s’expliquer par l’image de la chaîne : je me sens maillon d’une chaîne, héritier de ce que mes prédécesseurs sur terre ont pu apporter comme éléments de réponses à ces questions essentielles. Et je ne veux pas, ne peux pas imaginer être le maillon « faible », celui qui risquerait d’être responsable de la rupture de la chaîne. J’ai donc un devoir de questionnement, de réflexion, de formation (à recevoir et à donner) auprès des générations qui me suivent. J’ai le devoir de cultiver mon terreau, afin qu’il gagne en fertilité, et favorise pour sa part des éclosions futures.

Le groupe Béna a aussi échangé sur les domaines et les modes d’acquisition de connaissances, et montré des points de départ différents.
Je suis d’accord avec vous dans le fait que distinction ne veut pas dire séparation. Les deux parties du cerveau, l’une plus rationnelle et l’autre plus intuitive, dit-on, sont reliées entre elles, et opèrent chacune pour sa part dans les modes d’acquisition de connaissances. Une approche dite rationnelle (avec des méthodes telle que l’analyse, ou l’approche hypothético-déductive, voire même l’approche statistique), et une approche dite intuitive (avec la part de l’imagination, de l’analogie, voire même de la projection à partir de l’expérience) sont toutes deux, pour moi, constitutives de l’humain. Et je ne pense pas que les champs d’application (le réel, avec la physique, la biologie entre autres ; le virtuel, avec la mathématique, la logique… ; le social ; le spirituel… ; ) soient des domaines qui se caractérisent l’un et l’autre par l’une ou l’autre de ces approches : chacun domaine de recherche a besoin de rationnel et d’intuitif, de génie et de transpiration, du moins à mes yeux.

Jacques Malbrancke, février 2008

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mardi 19 février 2008 à 10h22 - par  Bernard C

Ton constat Jean Nicolas trace les effets négatifs des CLOISONNEMENTS que chaque discipline met en place pour se protéger, au pire garder le pouvoir sur un maximum d’individus.
Un aspect positif cependant est dans la recherche et le dévelopement de démarches de pensée les mieux adaptées au domaine étudié, ce qui n’exclue en rien l’intérêt de réaliser des croisements féconds.
C’est dans cet esprit que Nicolescu a proposé le concept de TRANSDISCIPLINARITE.
- Travaillant avec Xavier sur un outillage conceptuel il me semble incontournable d’identifier et préciser tous ceux existants et je sens que c’est aussi la démarche de Michel.
Nous avons tous les mêmes OUTILS : 5 sens du corps physique, notre intelligence rationnelle et émotionnelle, notre intuition. Déjà je vois dans cette description des différences entre nous quant à la formulation de ces outils. Par ailleurs de quels outils parlons nous précisément Jean Luc précise "outils de mesure et d’analyse" on pourrait ajouter outils de synthèse , de création innovation, en direction de l’accès à la Vérité.
Mias vous serez d’accord pour dire que le partage des mêmes OUTILS n’implique pas le partage des mêmes DEMARCHES ou METHODES de mesure, d’analyse ... à l’exemple des démarches différentes efficaces pour accéder à la connaissance du monde cosmologique et pour accéder à la connaissance du monde quantique ( arithmétique et probabilité...) , du monde de la matière et du monde du vivant ( communication directe - communication en boucles...)...

- Pour moi reconnaître les différences c’est chercher à tirer avantage de chacune. C’est ainsi que nous pouvons bénéficier de la PLURIDISCIPLINARITE (étude du même objet par plusieurs disciplines ce qui permet de l’approcher dans sa totalité), de l’INTERDISCIPLINARITE (étude d’objets différents mais avec les mêmes méthodes ce qui génère en particulier des innovations).
Et puis vient cette TRANSDISCIPLINARITE dont Xavier fait son pain quotidien et que Nicolescu définit ainsi : nouvelle approche scientifique, sociale, culturelle, spirituelle ..."Elle concerne ce qui est à la fois entre les disciplines, à travers les disciplines et au delà de toute discipline. Sa finalité est la compréhension du monde présent dont un des impératifs est l’unité de la connaissance"

Avec ce type de considération je suis un jour tombé sur la démarche pédagogique "analogique" du Christ : la PARABOLE.
- la vérité n’est pas décrite elle est entourée. Puisque c’est la Vérité elle vient du PERE infini, et elle lui revient. Elle est attracteur imprégnant ainsi toute la création.
c’est précisément la figure courbe (aritmético-géométrique( de la parabole, avec son "foyer"... qui décrit par exemple la trajectoire (physique) d’un objet lancé dans l’espace et sa chute libre ou celle d’une météorite au passage à proximité de la terre sans la percuter...
il y a certainement bien d’autres aspects à développer car voilà pour moi certainement un exemple de transdiciplinarité

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lundi 11 février 2008 à 22h39 - par  J. Nicolas MAISONNIER

Michel, la lecture de ton article me fait penser à un DRH des Ciments Lafarge qui me disait que les cimentiers sont persuadés que le métier de platrier n’a rien à voir avec le leur, et que les platriers en pensent autant des cimentiers.

J’ai souvent l’impression que les philosophes, les scientifiques et les théologiens sont comme eux ; plus promptes à montrer les spécificités de leur démarches qu’à reconnaitre qu’ils travaillent avec les mêmes outils. Il est vrai que notre Univers est vaste et que les phénomènes que nous percevons y sont si nombreux et si variés, qu’il est impossible à un seul homme, durant sa courte vie, de tout comprendre.

Alors l’histoire de la corporation de ceux qui s’intéressent à la croissance des plantes a été différente de l’histoire de ceux qui sont passionnés par le comptage des choses ou de ceux qui cherchent à comprendre l’origine de la méchanceté chez un individu. Et pour transmettre aux générations suivantes chaque "métier" a engrangé une multitude d’informations, a bati son vocabulaire, a eu ses "maîtres", a écrit ses livres.

Nous risquons de perdre de vue que, qu’elle que soit notre domaine de recherche, nous disposons des mêmes outils : nos sens, notre corps, notre cerveau (avec tous les amplicateurs que nous avons construits), les dires et les écrits de nos prédécéseurs et de nos contemporains, nos capacités pour comparer, peser, deviner, raisonner, communiquer, convainvre, faire confiance à autrui... et nous travaillons dans le même champ : celui dans lequel nous sommes nés que pas mal de gens appellent l’Univers, qui serait né lui même d’un Autre que pas mal de gens appelle Dieu.

Je pense aussi que nous perdons de vue la raison qui nous poussent à vouloir mieux connaitre, les choses, les nombres, les idées, nous-mêmes, ou Dieu. C’est une formidable envie de survivre, pour le plaisir de continuer à jouer , et encore mieux jouer, ensemble.

D’autant plus que le jeu n’est pas sans risque, puisque nous pouvons aussi choisir de mieux connaitre pour mettre fin au jeu (tuer des individus ou l’humanité entière).

De ce point de vue les frontières entre la mathématique et la physique, entre la connaissance scientifique et la connaissance philosophique, entre la connaissance de soi-même ou de l’être en soi ... me parraisent plus culturelles et historiques qu’ontologiques.

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lundi 11 février 2008 à 18h07 - par  Bernard C

J’adhère au rappel, pour partager, des élements caractéristiques des démarches d’acquisition des connaissances dont nous Etres Humains" (EH) sommes dotés : scientifique, philosophique, théologiques. Pour moi non seulement elles sont toutes nécessaires, chacune n’étant pas suffisante à elle seule c’est ainsi que je comprends les confusions que Xavier peut susciter (p 2)
Je voudrais aussi dire mon accord sur ce qui les caractérise toutes en tant que démarche de pensée : la raison logique.
C’est une autre dimension à prendre en compte qui pour moi permet d’inroduire logiquement la "révélation : l’origine des questions de départ
- pour la science : la "réalité" de la nature sous toutes ses formes et avec la phy quantique sa virtualité corespondante
- pour la philosophie : les comportements de l’EH sapiens sapiens
- pour la théologie : les révélations notamment des prophètes et pour nous plus particulièrement du Christ

Alors j’adore l’analogie que propose Michel (bas p 4):l’ascention de la montagne qui a en son sommet la connaissance voire le Vérité
- le scientifique est l’alpiniste (encordé) qui choisit la voie la plus "sûre" ne laissant rien au hasard
- le philosophe est le chevronné ou l’inexpérimenté qui emprunte les raccourcit plus ou moins bien définis

- le théologien est celui qui se fait déposer en hélicoptère.

Je reste sur une démarche logique pour accrocher les questions de départ (haut p4)

1 - au départ de toute ACTION (avant) se posent 2 grandes questions
- POURQUOI faire = agir ? et donc pourquoi faire "quelquechose plutôt que rien" de Leibnitz
- POUR QUOI faire (faire quoi) ? ex pour créer cet univers-là : le "connaissable" par nous les EH

2 - ensuite pour REALISER : 4 nouvelles questions classiques
- QUI le fait ?
- OU ? QUAND ? COMMENT ?
Ansi la seule réponse non accessible à la raison est la 1ère ainsi précisée comme le dit Michel.

Dans ce sens il faut regarder de plus près la question POUR FAIRE QUOI et qui est celle qui soulève la question du "SENS"
POUR FAIRE QUOI au bout du compte c’est à dire pour quelle finalité ?
Je ne vois pas de raison comme Xavier pour que la réponse soit inaccessible par la raison . La TGS est l’épistémologie qui permet d’entrevoir cette finalité (OMEGA pour Teilhard) ou tout au moins des contours et des étapes à venir comme celle entrevisible de la constitution d’une nouvelle Entité après l’Etre Humain : "l’HUMANITE" ( corps social d’abord...)

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samedi 9 février 2008 à 10h35 - par  Bertrand LALLOUR

Réponse à Michel Godron , « Les 3 voies pour connaître » !

Les réflexions de Michel Godron sont l’occasion pour moi de réfléchir à mon tour, sur certains éléments !

§1.2 A propos de la Physique-Chimie.

Le problème de l’actualisation du « noumène » Kantien est celui, mis en avant par Husserl, de la phénoménalisation du potentiel.
M.G. a bien raison de rappeler que nous ne connaissons que par une décision de notre intellect, ce qui semblerait donner raison ,dans un premier temps à Protagoras qui affirme que « L’Homme est la mesure de toutes choses ».

La remise en question de la Physique Quantique et son champ d’incertitudes , déplace le concept du « Réel », en révélant une Réalité virtuelle.
Le Réel comporte désormais deux faces, l’une Réel expérimental (scientifique et concret), l’autre Réel En-soi (invisible, potentiel et abstrait).

§2.1 Science et Philosophie.

Là aussi il y a complémentarité, l’une pouvant être considérée comme interface de l’autre.
Excellente métaphore des « pitons » de l’escalade du scientifique, en compétition avec
« les mains nus » (progression par intuitions) du philosophe.

§ 3.2 La connaissance de Dieu.

La connaissance de l’univers peut conduire naturellement à la connaissance de Dieu.
La citation de Paul aux Romains est particulièrement éclairante à ce sujet :
Il y a pour l’Homme, Révélation « de ce qui de Lui est invisible »,
Mais est-ce « la lumière de la raison » (intellect), ou plutôt la vision du cœur !
Il semble que le cœur soit conforté par « la lumière naturelle de la raison humaine, à partir des choses crées ».

« Le secret (final) des choses est dans la main de Dieu » ! Seul l’orgueil humain peut s’opposer à cette Main bienveillante, au nom d’une Liberté mal comprise.

§ Xavier Sallantin et la Création.

La connaissance nait de la distinction intelligible.
Cette dernière se traduit par le choix entre les nombres, 0 et 1 , car les genres font naturellement nombres !

Une des principales questions que se pose le Philosophe est celle de la prééminence de
l’Essence ou de l’Existence !
Il semble que les deux termes soient (une fois de plus) interdépendants.
Nous sommes conscients d’être conscient de notre existence présente, donc de notre point de vue, l’Existence semble première ! Mais très vite la « substance » nous apparaît seconde, « L’homme est cet animal métaphysique qui s’intéresse à l’être des choses et par ce chemin à Dieu ».
Du point de vue extérieure à nous, l’Etre (Essence) précède l’Existence, reléguée au statut « d’être en acte ». Nous en sommes ramenés à l’interrogation d’Hamlet : « Etre où ne pas Etre » ?
La Création pose, quant à elle, la question de la signification de l’Origine, différente de celle du Commencement ! L’Origine est un fait Divin, alors que le Commencement est celui de la reconstitution humaine de l’histoire de l’univers.
La Création nous apparaît comme un phénomène continu dans le Temps, mais discontinu dans son essence éternelle !
J’approuve la conclusion de Platon citée : « C’est donc Dieu qui serait pour nous au plus haut degré la mesure de toutes choses ».

§ A l’origine des religions monothéistes, Dieu se révèle !

IL se révèle, parce que Dieu à mis en nous le « Désir de Dieu », mais nous pouvons l’étouffer.
Cette Révélation de Dieu est perçue comme une « trans-descendance » divine dans l’immanence propre à l’homme.
Nous adhérons alors au Mystère Divin et nous reconnaissons les agissements de l’Inconscient, qui prolonge nos propres actions conscientes !

P.7, le § sur les « propositions analogues » est particulièrement clair et bienvenue.

Conclusion :

Chacun doit pouvoir vivre ses convictions profondes, car il semble plus important de chercher à « se connaître soi-même » que de persuader les autres autrement que par le témoignage !