Noah HARARI et la logique de l’Accord de Xavier SALLANTIN

dimanche 19 novembre 2017
par  Bernard C

C’est avec l’objectif de confirmer ou infirmer la pertinence du concept d’accord et de la logique » trialectique du tiers inclus : tiers référent (d’état) et tiers accordeur (dynamique) » de Xavier, que j’ai dévoré les livres d’Harari. Je pense que son succès populaire est dû à un gros travail de vulgarisation, c’est-à-dire une approche globale qui implique d’aller toujours plus avant vers le fondamental. Cette démarche rend difficile la rigueur rationnelle scientifique, qui implique de pousser toujours plus avant l’approfondissement des connaissances et donc la spécialisation. Ces deux démarches, « down-up » des philosophes et « top-down » des scientifiques, à première vue opposées sont complémentaires pour comprendre, expliquer, décider. Comme un certain nombre d’opposés ces deux démarches sont ontologiquement (dirait Xavier) complémentaires.

L’épistémologie de Xavier est constituée d’un ensemble de concepts à caractère universel.

Je retiens donc en premier le concept de coopération d’Harari comme identique à celui d’Accord de Xavier. Harari montre par de nombreux exemples que le concept de coopération est pertinent pour expliquer la capacité des êtres vivants à conquérir et garder le pouvoir jusquà la domination des humains sur tous les autres, jusqu’à leur destruction. Xavier Sallantin globalise avec le concept d’Accord pour expliquer, avec la thermodynamique, la cohésion de tous les systèmes de l’univers et leur évolution. Pour expliquer que l’évolution se fait par accroissement des accords en quantité (composants identiques) et en qualité (composants différentiés). Avec le concept de référent d’accord Xavier explique que les changements au cours de l’évolution sont liés aux changements de « référent » dominant. Par exemple pour les systèmes physiques et chimiques le référent est « les lois de la nature » qui deviendront pour la pensée réfléchie-conscience des « lois de la culture ». D’abord culture collective avec le paganisme et le monothéisme puis individuelle avec le libéralisme, une chronologie bien argumentée par Harari. . En biologie organique le référent de Xavier devient l’ADN entre cellules d’un organe ; l’accord est assuré par les mêmes cellules souches dont la multiplication est d’abord la reproduction de cet ADN. Entre groupes humains je suis convaincu par Harari notamment que le référent porteur de la coopération du plus grand nombre, après avoir été la force physique réelle est le mythe imaginaire irrationnel.

J’adhère à son idée de définition de la pensée réfléchie par la capacité à créer de l’imaginaire, en particulier des mythes dont la valeur est de donner un « sens » qui pourra être partagé par un grand nombre. J’adhère ainsi à l’idée que les religions déistes par exemple sont des fictions, des croyances. Le référent imaginé en occident est un Dieu unique, transcendant créateur, imaginé avec des différences entre la définition du Dieu du judaïsme, celle du christianisme et celle de l’islamisme. Trois religions déistes, chacune déclarant être la seule véritable.

J’adhère à la complémentarité entre pensée reflexe réelle et pensée réfléchie formelle.

De l’imaginaire à côté et en complément du réel est conforme à la sémantique interprétée par Xavier, un signifiant réel et un signifié formel pour définir tout système. Jusqu’à l’universelle indissociabilité, ontologique dit Xavier, du physique qualitatif réel et du mathématique quantitatif. Une coopération entre le réel et le formel pourrait dire Harari. Pour moi c’est là que se situe le fondement de la logique trialectique du tiers inclus de Xavier et donc son universalité..

L’intérêt du principe d’accord de Sallantin est qu’il le rend indissociable du concept opposé le désaccord qui prend en compte le concept de compétition d’Harari avec pour résultat l’élimination du perdant et la confirmation du gagnant : sélection naturelle des systèmes réels de Darwin et sélection culturelle des idées formelles des philosophes.

J’adhère ainsi à la différentiation que fait Harari entre le cerveau-moi expérimentateur rationnel et le cerveau-moi conteur irrationnel. Différentiation et donc compétition ou coopération.

Ces travaux conceptuels permettent d’orienter notre conception d’un avenir réussi vers un nouveau mythe fédérateur du 21ème siècle. Logiquement un mythe humaniste mais pas seulement car ces mythes privilégient l’égoïsme individuel et convergent vers des projets matérialistes destructeurs du collectif humanité (les espèces vivantes sur la planète terre). La solution serait pour moi la coopération entre un mythe du type déiste imaginaire et un mythe humaniste altruiste réel. Alors deux questions : fondamentales conceptuelles, quel référent ? et opérationnelle, quelle incarnation ?


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