Où va la biologie ? (Evelyn Fox Keller)

La Recherche 06/2004
vendredi 28 mai 2004
par  Xavier SALLANTIN

Cet article montre combien la démarche de la TNN est dans le Vent avec la perspective d’un changement de paradigme.

On tend vers une "biologie" intégrative " exigeant "de nouvelles méthodes d’analyse et de nouveaux cadres conceptuels"(page 37).

La modélisation informatique est destinée à jouer un rôle essentiel pour la construction "d’un système qui soit à la fois autoconcepteur et autogénérateur". Le maître mot de cette révolution est "la communication". Je cite page 33 : "on pourrait dire que la communication est devenue le mot à la mode".

L’auteur "Evelyn Fox Keller" avait développé ses idées dans "Le siècle du gène" paru en 2003 qui n’avait pas échappé à la vigilance de Jean de Lagarde.


Commentaires  forum ferme

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lundi 31 mai 2004 à 15h37 - par  Xavier Sallantin

Au sujet de la théorie des branes, lire dans "Pour la Science" de Juin 2004
"le Temps avant le Temps". J’aurais beaucoup à dire au sujet de ce très
intéressant article. Voici seulement quelques réactions plus que sommaires :

1- Lorsque je compare l’instant du big-bang à celui de la fécondation d’un
oeuf, le jaune représente la brane de notre univers tridimensionnel, noyau
de la cellule (gamète femelle) qui va donner naissance à un embryon par
couplage avec un gamète mâle ; le blanc est la brane d’un Univers
unidimensionnel, cytoplasme ou milieu amniotique.

2- La Théorie standard postule qu’en cet instant initial du big-bang sont
créés aussi bien l’ovule que le spermatozoïde ; qu’il y a donc création du
Temps, de l’Espace et de l’Énergie et qu’il ne convient pas de s’interroger
sur le Temps avant qu’il ne soit créé. Je penche pour ce point de vue avec
cette différence que pour moi l’action de création dure le Temps de Planck
puisque dans notre brane l’intensité de l’action ne peut être inférieure à
la constante de Planck. C’est même la norme de cet accordage qui caractérise
l’intervention d’un accordeur, inséminateur mâle. Mais cet accordeur est
également matrice femelle génitrice d’un ovule, le vide quantique qui est
loin d’être vide puisqu’il est plein de temps, d’espace et de force et que
ce plein fluctue.
À ce sujet le verset 2, chapitre 1 de la Genèse est frappant qui évoque un
tohu bohu initial, étymologiquement tohu bohu se traduit par "dehors rien,
dedans rien". Mais ce rien n’est pas rien puisqu’on ajoute que l’Esprit
planait sur les ondes, ce qui implique que ce rien ondule, comme les ailes
du planeur d’ailleurs ; or toute ondulation-fluctuation implique intrication
de Temps, de Force et d’Espace.
J’emploie ici le mot intrication dans le sens que je lui donne dans
l’économie de l’Univers, c’est à dire la fonction de trois variables
définissant l’articulation ou l’agencement ou l’accordement de Temps, de la
Force et de l’Espace au sein du quantum d’action.
Je comprends mal pourquoi dans La Recherche page 10 les physiciens emploient
maintenant ce mot pour caractériser ce qu’ils appelaient auparavant
"corrélation de particules jumelles". En fait cela vient de ce que cette
corrélation se caractérise par la violation des inégalités de Bell qui
conjuguent trois indécidabilités.
Il serait intéressant de vérifier que la triple réversibilité qui
caractérise selon moi la protosphère n’est que la traduction de cette triple
indécidabilité.

3- Je ne suis pas choqué par les théories qui postulent un avant le Big Bang
 ; l’oeuf existe bien avant d’être fécondé par un spermatozoïde qui lui aussi
existe avant d’être émis. C’est plutôt chez moi une question d’esthétique
car on ne fait que repousser la question de la création de ces gamètes mâles
et femelles déjà si riches d’information et du principe de leur
accouplement. Certes il est séduisant de prêter à l’Oeuf une réserve infinie
de Temps d’Espace et d’Energie, mais sa structure de brane est une
détermination riche en finitudes telles que la prédiction d’une sorte de
génération spontanée au Temps Zéro du Big Bang. J’ai tendance à épargner le
travail du Créateur et à lui faire créer tout tout d’un coup. Selon le
principe du rasoir d’Ockham, la théorie la plus économique est celle à
retenir.

4- Je souligne, en ce qui concerne la thèse de E. F. Keller,
l’extraordinaire audace de son propos lorsqu’elle dit que la biologie
génétique a élucidé les acteurs mais qu’il lui reste à découvrir le
scénario. Car postuler comme je le fais l’existence d’un scénario est
totalement incompatible avec le paradigme actuel de la science pour qui le
hasard est le seul scénariste. C’est postuler chez ce scénariste une
intentionnalité contre laquelle s’insurge le matérialisme scientifique qui
prévaut encore. Lorsque j’évoque une ultime transition de phase, je la
caractérise précisément par la reconnaissance d’une détermination de
l’évolution naturelle par les causes finales se conjuguant avec la
détermination par les causes initiales seule admise aujourd’hui. C’est
reconnaître la validité du principe anthropique fort qui postule que
l’accordage initial de l’Univers a été réglé dans l’intention qu’apparaisse
un jour un homme capable d’affranchir la nature du sens unique du temps
thermodynamique. (Cf Romains 8- 21 où la Nature est dans l’attente d’être
délivrée par l’homme de l’esclavage de la décomposition). Je crois que E.F.
Keller ne se rend pas compte, pas plus que ses commentateurs, de ce
qu’implique ce postulat d’un scénario. C’est heureux et il faudrait
souhaiter que dans un premier temps les critiques de la TNN ne voient pas,
eux aussi, jusqu’où je les entraîne. Mais je crois préférable de jeter le
masque plutôt que d’attendre que dans bien des années on ouvre ma "malle de
Newton" (on sait que des siècles après sa mort on a découvert une malle de
manuscrits ignorés qui révélaient tout ce que ses découvertes devaient à
l’alchimie et à des croyances ésotériques).
Amitiés à tous

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vendredi 28 mai 2004 à 20h45 - par  J. Nicolas MAISONNIER

Je viens de lire cet article dans le train, de retour d’une visite de chantier en Bretagne à Locmariaquer.
Ce chantier me prend du temps, mais je ne désespère pas de me plonger dans les méandres de la bioarithmétique.
Ce qu’écrit Evelyn Fox Keller m’y encourage en effet. Ainsi que le compte rendu de lecture d’Olivier Postel-Vinay p 90 de ce même N° de La Recherche d’un livre de Brain Greene "The fabric of the Cosmos" théoricien des cordes et des "branes" (que ce que c’est ?) qui s’interroge sur la nature de l’espace et du temps. ... Et page 10 ... un article sur "l’intrication" des particules corréléés !
Comme l’Esprit souffle ! Bonne Pentecôte .. et merci aux auteurs du Vent de Béna !

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