Science, Foi, Sagesse (François Euvé)

Editions de l’Atelier 2004
samedi 17 juillet 2004
par  Bertrand LALLOUR

Fr. Euvé, sj, fait partie du réseau Blaise Pascal, qui en région parisienne, développe d’une façon systématique les rapports entre science et foi. Il en recherche les grandes lignes de convergence, par des approches autonomes et complémentaires.

On peut parler d’une « spiritualité cosmique », qui cherche à unifier matière et esprit. « Retrouver le sens du cosmos, sans perdre de vue l’importance de la liberté, une liberté incarnée ».
« La question principale est le plus souvent celle des origines, que ce soit l’origine du monde, de la vie ou de l’homme ».
Tentation de faire de Dieu, une « intelligence hyper-mathématique » calculante, distincte de ce monde, mais dont ce monde est le reflet.
Voir La Recherche de Janv. 2003, « Dieu est-il un ordinateur ! », et la présentation de l’harmonie numérique de Stéphen Wolfram, avec son livre « A new kind of science » (en plein dans notre sujet TNN). Pour Hawking, Dieu se confonds avec l’ordre cosmique.
La Science est devenu, de nos jours, plus modeste dans ses ambitions : « renoncer à tout connaître est la condition même de la connaissance ». Voir Hervé Zwirm, « les limites de la connaissance » (Odile Jacob 2000).
Pour Duhem, la théorie scientifique est une construction de la raison humaine, qui doit à la fois être cohérente et compatible avec les faits expérimentaux. Son efficacité opératoire ne préjuge pas de l’être même des choses !
D’où cette « distance », toujours maintenue avec la réalité de la chose en soi.

P 48 : L’action (continuum) est définie , comme le produit d’une énergie par le temps ; l’action minimum (constante de Plank) est appelée « quantum » (portion de continuum).
La notion centrale devient alors celle d’interaction. La relation prime l’objet ‘en tant que substance individuée).
Mise en place de la notion « d’horizon », concept à la fois structurant et ouvrant. Notion en même temps objective (relative à une réalité extérieure) et subjective (relative à l’observateur). Dialectique horizon apparent / horizon profond (le plus souvent indicible).
Déclinaison possible selon 3 axes : élémentarité (l’infiniment petit), universalité (l’infiniment grand), et complexité (chaos organisateur).

P 50 : Dans l’approche en terme d’horizon, le réel n’est pas aboli, mais pensé comme un « pôle d’une triade » ; l’horizon est une ligne qui sépare le monde propre de l’observateur (le domaine de l’actualité), de ce qui est au delà de ce monde propre (le domaine de la potentialité). Le réel n’est pas seulement l’un ou l’autre, mais « le lieu de toutes les lignes d’horizons possibles). La méthode scientifique ne peut jamais être une saisie immédiate du tout, mais un perpétuel va et vient de nature dialogale avec le réel.

P 89 : Le « cercle », image de la mobilité stable dans le monde grec, permet d’exprimer la résolution des contraires. Le rapport au temps se trouve donc aboli : passé, présent, futur, sont résorbés en un seul instant présent (vaste présent mobile), infini, éternel et cependant dynamique.
Michel Cazenave parle d’une « conscience-énergie fondamentale, dont les phénomènes physiques, physiologiques, psychiques et même inconscients seraient les différents modes de manifestation (Colloque de Cordoue).

P 111 : L’instauration par Galilée d’une physique mathématique, constitue l’acte de naissance de la pensée moderne. Il déclare : « La connaissance qu’a l’intellect humain (avec les sc. math.) parvient à égaler en certitude objective la connaissance divine, puisqu’elle arrive à comprendre la nécessité, et qu’au dessus de cela il n’y a rien de plus assuré ».

P 120 : La théologie chrétienne de la Création, évolue entre dimension anthropologique et dimension cosmologique, entre enracinement biblique et pensée profane scientifique. (Voir Pierre Gisel, « La Création » 1980, Fr. Euvé « la Création comme jeu », ainsi que « Le Cosmos » d’Adolphe Geshé, Cerf 1994).

P 142 : Teilhard de Chardin inaugure la « cyber-spiritualité ». C’est le substrat de la « vie virtuelle », qui constitue l’entité ultime du réel.
L’unicité du monde se révèle par transparence dans ce rayonnement, qui ne vient pas du dehors du monde, mais de son centre même. Vision du cœur du Christ, vision de l’Hostie, sont des contemplations qui rayonnent et irradient de l’intérieur du monde. Dans son ouvrage « Le cœur de la matière » figure une prière au « Christ toujours plus grand », qui sollicite une dilatation de l’intelligence .

P 171 : Dans l’étude du Cosmos, la combinaison des diverses constantes fondamentales laissent apparaître des coïncidences curieuses et Christian de Duve dans « Poussières de Vie », n’hésite pas à présenter la vie , comme l’aboutissement d’un déterminisme physico-chimique.

« La science n’a rien à dire sur une intention divine à l’œuvre dans l’Univers, mais à ses yeux , elle ne peut renoncer à la recherche d’une cohérence fondamentale.
C’est le principe de cohérence globale !

P 179 : L’homme est crée créateur. Selon la belle formule d’Adolphe Geshé : « L’homme met au monde le monde... »
Les 3 pôles : Dieu, l’homme, la nature, sont à considérer ensemble, dans le respect de leur ordre ».


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