La conception du sens clair

dimanche 8 décembre 1974
par  Xavier SALLANTIN

Voici que dans la nuit d’Israël un ménage, Joachim et Anne, conçoit. Nous. ne savons rien,d’eux si ce n’est, qu’en protohébreu Joachim signifie "fixé par Dieu", telle une souche, tronc de Jessé, d’où sortira le rameau du Christ. De même, Anne c’est l’Anima, l’âme qui anime et qui aime.

Voici qu’en cette âme aimante est fixée une semence de clarté et de pureté qui sera Marie mère du Christ Lumière. Qu’en savent ses parents ? pourquoi ne pas penser que dans le choix du nom de Marie il y a déjà l’indication d’un pressentiment. En protohébreu, Marie a pour radical la "goutte d’eau", le "diamant", la "perle" et plus profondément encore Marie c’est "l’esprit d’eau", à la manière dont on dit l’esprit de sel ou l’esprit de vin. De même que l’on parle de l’eau d’un diamant pour caractériser sa pureté, l’esprit d’eau caractérise le support de la clarté, le substrat de la transparence. La fonction mariale sera d’enfanter le Christ-Lumière venant dans les ténèbres. Marie n’est pas la lumière mais la matrice de la lumière.

Est-on en droit de prêter aux parents de Marie une intuition de sa fonction ? Sachant aujourd’hui combien les parents marquent profondément leurs enfants, il est du moins légitime de penser que le Magnificat reflète tout un héritage spirituel, toute une préparation. Il atteste le climat d’une enfance tendue dans l’attente du Messie, événement qui restait certes très obscur pour les juifs d’alors dans ses modalités, mais parfaitement clair dans sa finalité : il signifiait le salut d’Israël. Comme Zacharie et Elisabeth, comme la prophétesse Anne et le vieillard Syméon, Joachim et Anne son épouse devaient vivre spontanément dans le pressentiment tout à la fois confus et familier d’une imminence. "Car notre salut est objet d’espérance, dit Paul (Rm-8-24) et voir ce qu’on espère ce n’est plus l’espérer : ce qu’on voit, comment pourrait-on l’espérer encore ? Mais espérer ce que nous ne voyons pas c’est l’at­tendre avec constance". Un tout petit nombre de juifs s’attendaient alors au salut, ils y croyaient, ils l’espéraient avec constance, petit reste noyé dans la masse des Juifs, de leurs notables, de leurs docteurs qui n’attendaient pas plus la venue du Messie que les Chrétiens d’aujourd’hui n’attendent son retour. Depuis le temps que l’on remet indéfiniment aux calendes grecques cet avènement, à quoi bon s’occuper d’un événement dont nos descendants, lorsqu’il surviendra, auront toujours le temps de s’accommoder !
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La conception du sens clair
Réflexions sur la clarté et le signe logique du Trois - 6 pages - 8 décembre 1974

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