Comment expliquer les succès des savants chinois ?

Article RDN Septembre 1967 - 16 p.
dimanche 17 septembre 1967
par  Xavier SALLANTIN

Les progrès rapides de la science et des techniques en Chine, dont la mise au point de l’armement nucléaire est l’une des manifestations les plus impressionnantes, surprennent l’Occident qui n’a pas encore réussi à en fournir une explication. On ne saurait, en effet, attribuer ces succès à l’enthousiasme des chercheurs ni aux conditions exceptionnelles de travail qui peuvent leur être consenties. A l’Est comme à l’Ouest, le chercheur de vocation est toujours un homme passionné et possédé par ses travaux ; l’organisation matérielle de sa formation et de ses activités n’est pas, autant qu’on sache, inférieure aux États-Unis à ce quelle peut être en Chine. Dans la recherche d’une explication, deux indications peuvent être relevées. D’abord, les progrès en Chine ne concernent pas une branche particulière de la science ou de la technique, mais les disciplines les plus diverses. Citons en particulier des réussites en physique, dans le domaine des accélérateurs, des piles atomiques, des spectrographes ; également en chimie avec la synthèse de l’insuline cristallisée et de la chlorophylle ; de même, en médecine, en géologie et dans tous les secteurs de la technologie industrielle.

Deuxième constatation : les réalisations sont originales ; on semble moins copier l’étranger qu’on ne le copiait naguère au début de la révolution industrielle en U.R.S.S. ou au Japon. Certes, la dette contractée vis-à-vis de la science occidentale est considérable, mais on ne peut nier une inspiration propre à la Chine. Par exemple, dans le domaine des particules élémentaires, les Chinois ont élaboré une théorie fort séduisante, celle du Straton, qui se distingue fondamentalement de la théorie américaine du Quark plus classique. Ces deux constatations, diversité et originalité des succès scientifiques et techniques chinois, invitent à se demander si leur explication n’est pas tout simplement celle qu’ils ne cessent de proclamer à l’envi, à savoir une manière de penser particulière.


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