Philosophie et science

samedi 21 octobre 2006
par  Michel NT

Comme à Sion, l’oeuvre de Xavier me paraît monumentale.
Je salue le courage et la puissance de travail de Xavier,
et je comprends tout à fait son désir de vouloir
redonner un sens au monde et à son évolution.

Que Xavier soit aussi remercié de nous envoyer toujours
régulièrement le fruit de ses dernière réflexions.
Au-delà des frais d’envoi, cela demande du temps
et une certaine logistique.

Lors de la dernière réunion, Sion s’est posé la question
de savoir pourquoi les scientifiques ne s’intéressent pas
aux travaux de Xavier. C’est une question que je me pose
depuis que je connais Xavier, d’ailleurs pas seulement
à propos des scientifiques mais aussi d’autres penseurs
qui partagent une même vision du futur, les mêmes inquiétudes
et qui essaient aussi de fonder de nouvelles logiques.

Basarab Nicolescu se rend bien compte que Xavier
est sur quelque chose, mais il ne sait pas quoi.
Nicolescu semble cependant trop accaparé par son business
transdisciplinaire pour approfondir l’oeuvre de Xavier.

Roger Nifle, qui travaille aussi sur une notion de trialectique,
a imprimé et lu en détail ce qui se trouve sur la page de Xavier,
mais se situe dans une autre problématique que celle de l’accord.

Michel Saloff-Coste dit quant à lui que Xavier est frappé
d’une vision mais n’arrive pas à en sortir.

Notez que ces témoignages datent de plusieurs années
(largement avant l’an 2000). Cependant la dernière remarque
de Saloff-Coste me fait penser à un mot d’Einstein addressé
à Schrödinger, où Einstein disait à Schrödinger
que ce qu’il appréciait chez lui, c’était sa capacité
à pouvoir penser à volonté à l’intérieur
d’une théorie et à l’extérieur de cette théorie,
alors que les gens en sont en général incapables.

Concernant la TNN/TGS, qui justement prétend vouloir repenser
les fondamentaux, il faut être capable d’avoir la même démarche
et pouvoir la considérer de l’extérieur sans penser
que ses prérequis sont corrects.

Je ne suis pas sûr de comprendre ce que Xavier veut dire
en disant que je ne suis pas sensible à ses "préalables épistémologiques".
Sensible, j’y suis sûrement. Cela fait plusieurs
années que je suis les travaux de Xavier et je me suis rendu
à Béna assez souvent. Ma démarche au contraire cherche à élucider
ce que l’on peut pérenniser dans les travaux de Xavier.
Il est vrai que je prends mes distances, mais c’est pour
mieux m’en rapprocher ensuite.

Son prédécesseur Stéphane Lupasco a eu son heure de gloire,
ayant droit à un article "Génie ou fumiste ?" mais est tombé
— injustement — dans l’oubli.

Alors pourquoi les scientifiques ne s’intéressent-ils pas
à la cyberscience ?

Le premier problème c’est qu’il s’agit d’une théorie à trois facettes :
une facette philosophique, une facette théologique
et une facette scientifique. Xavier ne différencie pas assez
les différentes facettes.
Lorsqu’on parle de validation de la TNN, on ne sait pas
s’il s’agit d’une validation philosophique ou scientifique.
Si on veut intéresser les scientifiques, il faut écrire
de manière scientifique.

Xavier semble croire faire preuve de bonne volonté et
adopter une attitude sérieuse, rigoureuse, scientifique,
en annonçant que l’existence du boson de Higgs réfuterait la TGS.
Je trouve au contraire ce genre d’annonce irresponsable,
comme s’il fallait voir la TGS comme un tout à valider ou invalider.
Qui plus est, je pense que personne n’est vraiment qualifié
dans notre groupe — sauf peut-être Matthieu — pour comprendre
ce qu’est le boson de Higgs, concept qui n’a sa place que
dans un cadre mathématique et physique pointu. En outre,
l’existence ou non du boson de Higgs ne change rien
à l’intérêt des membres du groupe pour la TGS.

Un deuxième problème c’est que Xavier n’est pas clair
entre ce qui est hypothèse gratuite et ce qui peut être admis.
Il y a quelque chose de schizophrénique lorsque d’un côté
on reproche aux scientifiques de ne pas se pencher
sur la théorie de l’accord, et d’un autre côté on dit
que finalement tout cela n’est qu’un vaste canular ;
lorsqu’on affirme haut et fort que la cyberscience fournit
la clé du code génétique, et que d’un autre côté on dit finalement
que c’est une hypothèse gratuite.

Un troisième problème c’est que finalement Xavier fustige
les scientifiques sans se mettre à leur place et réfléchir
posément à ce qu’il attend d’eux. On ressent une certaine frustration
et une certaine agressivité dans les écrits de Xavier,
ce qui se comprend, mais Xavier reprend des concepts scientifiques
sans adopter ni le langage ni la démarche scientifique. Si Xavier
ne fait pas un pas vers les scientifiques, il ne faut pas attendre
des scientifiques qu’ils fassent un pas vers le monde spéculatif de Xavier,
malgré toutes les idées géniales qu’on pourrait y trouver.

Au-delà des questions de méthodologie, tout comme Michel Godron,
je ne donne pas dans le romantisme poppérien. (J’ai entendu
du plus grand bien de la phénoménologie de Husserl,
mais malheureusement je ne suis
pas assez versé en philosophie pour discuter d’égal à égal
avec Michel Godron sur ce point.) Je reste conscient
que lorsqu’on a une idée novatrice, il faut quelquefois
ne pas se laisser impressionner par des premières expérimentations
tendant à la réfuter : elle peuvent être mal faites,
avoir un protocole pas tout à fait adapté au nouveau concept à tester,
ou tout simplement l’idée novatrice mérite quelques amendements
ou une meilleure formulation.

Lorsque Xavier laisse de côté l’objection concernant
la différence entre le code
génétique des mitochondries des mammifères
et le code génétique prétendûment universel sur lequel
il se concentre, je comprends et respecte son attitude.
Cependant cela fait trop longtemps qu’on piétine autour
de ce code génétique et plus généralement
autour des concepts d’arithmétiques
pour ne pas se demander si on est sur la bonne voie.

De là naît mon désir d’extraire le noyau dur de la TNN,
que Michel Godron appelle philosophie ou épistémologie de la TNN,
et de le séparer d’hypothèses peut-être fausses ou trompeuses,
afin de pouvoir ensuite déterminer lesquelles sont
indispensables à notre entreprise, lesquelles nous gênent,
et aussi de pouvoir éventuellement formuler de toutes nouvelles
hypothèses ou pistes de recherche.


Commentaires  forum ferme

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mercredi 25 octobre 2006 à 10h59 - par  CARRE Bernard

Je partage tout à fait cette analyse du pb tant de la validation de la TGS que de sa communication avec les scientifiques.

Nous avions déjà abordé ces questions mais cette fois-ci elles franchissent un cran de plus en devenant, me semble-t-il, les 2 questions prioritaires pour le groupe Béna.

Aux 3 points de l’analyse de Michel, je vois plusieurs types de réponses ,interrogatives, bien sûr :

1 -Une seule validation possible (rationnelle) : scientifique sinon débat d’idées seulement
2 - extraire le noyau dur de l’oeuvre de Xavier
- nouvelle épistémologie ?
- TGS
- TGA, TNN (TGN)
pour moi ce serait comme pour Michel Godron l’épistémologie ( livre I de Xavier mais exclusivement à visées scientifiques
3 - Montrer l’intérêt de celle-ci en tant que
- outil d’analyse
- outil d’extrapolation
en multipliant les domaines d’applications (livre II de Xavier)
4 - pointer systématiquement les objections possibles et remplir ainsi un argumentaire
ex : le code génétique travail super d’Alain : produire ce travail avec les manques, objections ( à lever au fur et à mesure)

5 - Préparer une communication scientifique avec la démarche et formulation adéquate

ALORS COMMENT ? et QUI SAURAIT FAIRE ?

Beau travail en perspective pour décembre pour notre groupe dont je sens une montée en puissance