Apports de Hégel à la compréhension de la TNN !

dimanche 30 novembre 2003
par  Bertrand LALLOUR

Je partirais d’un phrase très importante de la réponse de Xavier S. à ma note du 27 / 11 : « Cette informatique et cette sémantique naturelle sont donc le noyau dur de la TNN et si ces ajustements primordiaux entre qualitatif et quantitatif sont infondés, la TNN est réduite à néant ».
Pour éclairer cette question, j’ai voulu reprendre certaines opinions de Hégel, puiser dans le premier tome de la « Science de la logique, l’Etre » (traduction P J Labarrière).
NB : Les commentaires entre parenthèses sont miens.

1 - Divisions générales de la Logique et de l’Etre.

P 20 + La pensée est le Principe du Monde. La logique est la science pure (par excellence), primordiale. Elle est pensée de la pensée. La suprême vérité se situe dans les formes nécessaire et dans les déterminations propres du penser.

P 23 (Note) Aux yeux de Hégel, la logique s’est faite trop longtemps la servante d’une connaissance formelle qui ressort du calculer : il lui faut accéder au contenu lui-même et s’identifier à l’auto-mouvement du concept en devenant pensée de la pensée ; c’est ainsi qu’elle s’identifiera à la métaphysique.
(Calculer c’est construire ; penser c’est concevoir).

P 38 La logique subjective est celle de l’Essence. (Celle objective relève de l’Exitence)
L’objectif de la logique est d’unifier le subjectif et l’objectif, pour parvenir dans un niveau ultime d’intelligibilité au savoir absolu. (Niveau où concept et être se confondent).
( L’Essence, est le mouvement d’intériorisation de l’appréhension de l’être, alors que l’Etant , « être-là » chez Hégel, est ce même mouvement d’intériorisation de l’appréhension du vécu, c’est à dire de l’Existence).

P 42 (Dans la construction du chemin logique) le progresser est plutôt un régresser et un fonder. le progresser est un retour dans le fondement (objectif) et un retour à l’originaire (subjectif).
(Note) Mettre au jour le fondement, c’est enraciner la certitude, dans la vérité.
Le « tout » est un cycle dans soi-même. cercle dialectique.
Le « vrai » est le devenir de soi-même. (Pensée rétroactive, en boucle).
Le commencement est l’unité de l’être et du néant. (le « néant créable » de Teilhard).
( Le commencement est la confusion du créable et du crée dans le concept dupoint zéro).

2- Les catégories de l’Etre.

(Elles sont au nombre de 4) : Quantité, qualité, relation ou mesure et modalité.

La mesure est en quelque sorte une quantité déterminée qualitativement. (Elle exprime cette relation et la chiffre).
La qualité (être pour-soi) prime la quantité , car celle-ci n’est que la qualité devenu négative. (Il faut entendre par là, son « interface » quantitatif, se posant dans un signe numérique convenant, et s’opposant en se démarquant de son potentiel au niveau de l’essence, lequel demeure cependant, dans la nouvelle détermination).

P 146 (Il y a deux sortes de Un : le « Un immédiat » (ce rapport infini à soi que le Un est en soi) et le « Un qui... », à partir de sa dispersion en multiplicité, retourne dans Soi et se détermine lui-même comme Un.
(Il y a donc une triade : un « Un unitaire », un « Un-mutiple » et un « Un/Un », qui détermine « l’Unicité ») .

P 161 (Passage à la Quantité , alias Grandeur : le multiple, effet de dispersion du Un).

P 189 Quantum.
Le quantum est la détermination par un nombre d’une quantité réelle.(Il se caractérise par la différenciation).

P 192 Le quantum déterminé en soi-même est le nombre. Ce dernier a l’unité comme principe.( Pour d’autres valeurs), il est un « nombre-numéré », qui est un quantum déterminé.

P 196 Remarque 2 : On sait que Pythagore a présenté les « relations -rationnelles, ou philosophèmes » dans des nombres, et que dans les temps modernes le « calculer » a été pris comme synonymes du penser. Dans une perspective pédagogique aussi, le nombre
a été tenu pour « l’ob-jet » le plus approprié de « l’intuitionner intérieur ».

P 198 L’esprit qui s’élève au dessus du monde sensible et connaît son essence, en cherchant un élément pour sa représentation pure, pour exprimer son essence, peut par conséquent, avant que de saisir le penser lui-même comme cet élément, en venir à faire choix du nombre, cette extériorité abstraite, intérieure.
(Suit une note du traducteur) : Cette expression rends bien compte de la nature ambiguë qui, aux yeux de Hégel, est celle du nombre : celui-ci demeure une sorte de mixte d’intériorité et d’extériorité.
(+ développements intéressants P 200 et 201).

P 202 Quantum Extensif et Intensif : leur différence.
Le Quantum multiple, (est déterminé par la mesure de sa différence avec le Un numérique). C’est ainsi qu’il est Grandeur extensive.
Cette dernière est à distinguer de la Grandeur en continu, qui est dite intensive.

P 213 Un Quantum n’est pas une limite qui est, mais une limite qui devient : il se continue dans la détermination de son « être-autre ».

P 214 Dans l’Infinité Qualitative le passage du fini à l’infini se trouve seulement dans l’en-soi, c’est à dire leur concept, alors que dans l’Infinité Quantitative le fini se rapporte en lui-même, à son infini.
Leur rapport est celui d’un progrès infini ( infinitivement grand ou petit) .

P 277 La Relation Quantitative.
Dans la Relation, le Quantum Quantitatif est caractérisé par son au-delà (auto-mouvement). Il est donc qualitativement déterminé.
( on distingue) : relation directe (ex : exposants), relation inversée (numérotation négative), relation de puissance ...

P 293 La Mesure.
La Mesure est d’abord Unité immédiate du Qualitatif et du Quantitatif ( deux moments de la Mesure).
Cette Unité est un Quantum qui a une signification qualitative et est mesurable. Mais la mesure en tant que , déterminé en-soi, devient relation de quanta autonomes (les moments d’ordre quantitatifs). Seul le Quantum spécifique (individualisé) est d’ordre qualitatif.

( En Conclusion, nous constatons que pour Hégel, les déterminations du Qualitatif et du Quantitatif, reposent essentiellement sur les différences que l’on peut établir entre ces deux moments d’une unique entité. A-contrario, l’absence de différences, détermine leur unificationdans un seul concept).

(Cette Conclusion a vraiment l’air « d’enfoncer des portes ouvertes », mais je suis persuadé que le survol de cet ouvrage de Hégel est riche d’utiles définitions et de caractéristiques, dont il peut être tiré un réel profit pour la clarté de la Théorie de la Numérisation Naturelle).


J’ajoute les commentaires suivants, à ma note sur « Hégel et la TNN » :

Le Jeu de la Différence qui caractérise la relation, Qualitatif / Quantitatif, est du même ordre que celle qui, en même temps distingue et uni, dans le langage le signifié et le signifiant.

Cette différenciation, ajustement invisible entre le déterminé et le déterminant, situé dans le « hors-cadre », peut en effet être considéré comme d’ordre ontologique (« justesse ontologique »). Nous pouvons alors parler avec De Saussure d’une « emprise psychique », qui confonds dans « l’essence », les parts de l’être et de l’étant.

La Force Primordiale a son origine dans la « chiquenaude » Divine, qui a mise en branle la Création. Elle s’épanouie dans un univers sans autres dimensions que conventionnelles. Son expansion est continue, à la fois intensive et extensive.
Cette Force originelle est de nature Spirituelle.

Il semble que se soit constituée, en parallèle à cette expansion, une énergie électrique
qui par implosion a produit les radiations du phénomène Lumière.
Viennent alors, par combinaisons successives de réactions physiques et chimiques, les étapes appelées « Pas de la Matière », « Pas de la Vie », et enfin chez l’Homme « Pas de la Réflexion et du Sens », efflorescence de la sève spirituelle.
Pour revenir à la Force noëtique (celle de la Pensée), elle n’est pas véritablement représentable par une sphère, pas plus que par un vecteur, puisqu’elle prends sa source dans l’infini de l’être même.
Cette Force, qui prolonge celle de l’origine, ne peut être conçue par notre esprit que dans son « devenir ». (« Je suis une Force qui va », disait Nietzsche). Elle engendre les concepts « d’Espace », mesure qualitative du lieu, et celui du « Temps », mesure quantitative de l’évolution .

On peut donc penser que la notion de Force, prime les autres dimensions descriptives de l’Univers et les unifie !


Commentaires  forum ferme

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samedi 27 décembre 2003 à 19h58 - par  Michel GODRON

1) Dans la pensée de Hegel, ce qui me séduit le plus est que l’Etre se déploie (en se niant, bien sûr) dans le monde physique, qui doit être alors totalement intelligible. Mais cette vision du monde n’est qu’une forme brillante du panthéisme, qui n’a guère d’intérêt pour un scientifique, qui affronte un monde assez résistant pour répondre aux questions posées par l’expérimentateur .

2) J’admire aussi la manière dont il "récupère" le genre et la différence spécifique de Porphyre, et aussi la théorie de la matière et de la forme d’Aristote. Si nous décidions d’approfondir ces distinctions fondamentales, il faudrait reprendre toute l’affaire des Universaux et du nominalisme.

3) Hegel, à la suite d’Héraclite, a le mérite d’inscrire la contradiction au coeur même de la raison. Mais sa Logique reste faible par rapport à celles de Frege, de Russell, de Wittgenstein, etc.

4) Il me semble difficile d’oublier que Hegel avait posé comme principe fondamental : "Tout ce qui est réel est rationnel et tout ce qui est rationnel est réel" dans l’Introduction aux principes ...). Cette réduction radicale n’est guère compatible avec le dépassement du rationnel que Xavier pratique régulièrement.