Réflexions impromptues sur la TGS

vendredi 6 janvier 2006
par  Xavier SALLANTIN

"Une épistémologie rigoureuse doit prendre acte de ce qu’une assertion ne peut être obvie aux yeux de tous et déclarée unanimement vraie sans se donner un axiome d’accord fondant ce commun consensus"


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Réflexions sur la TGS

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lundi 9 janvier 2006 à 13h01 - par  Bertrand LALLOUR

Réflexions sur le "protoaxiome de préaccord implicite", à partir des observations de X.S au seuil 2006.

La note que nous adresse Xavier, en ce début d’année me semble particuliérement intéressante et importante par les précisions qu’elle apporte sur l’esprit et la lettre de la T.G.S. J’ai particuliérement apprécié sa caractéristique comme "théorie de l’accord sur le sens"et son objectif," elle scrute la source et la genèse de cet accord fondateur, référent de la véritable et seule source d’un énoncé".

X.S. intérroge sur ce "protoaxiome de préaccord implicite", mais il serait utile, à mon avis, d’y distinguer deux éléments :
du point de vue de l’homme, la signification interne de l’accord (accord sur l’accord), et d’autre part la véritable et seule source, prenant en considération l’origine divine, le don de Dieu à l’homme de sa conscience, de son intelligence, de sa liberté d’esprit, pour accomplir soit le Bien, soit le Mal. "Dieu nous a fait le plus grand des dons , qui est de nous donnés nous-mêmes à nous-mêmes".

Bien entendu cette liberté fondamentale peut conduire à nier cette origine divine et à faire alors de l’Homme le seul créateur de son environnement naturel. La référence au surnaturel et au transcendant résulte d’un acte libre et responsable, et en toute logique, on ne peut plus faire abstraction de ce choix réfléchi, qui ordonne votre vision de l’univers !

Nous pensons, nous croyons, que l’homme intelligent est "la plus grande gloire de Dieu", c’est à dire la raison d’être (origine et finalité de la Création), voulu par Amour, c’est à dire sollicitant la communion réciproque, justifiant le mystère de l’Incarnation. Cette "Intelligence", qui avec l’aide de l’Esprit Saint, nous permets de récapituler la genèse de l’univers, et de "penser Dieu", comme origine et maître de la Création.
Nous nous déclarons, nous mêmes, "d’accord sur le sens", qu’il convient de donner à nos interrogations métaphysiques,en faisant toute leur place, à la confiance, à l’espèrance et à notre désir d’infini. C’est à notre tour, le moment de nous donner à Dieu !

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dimanche 8 janvier 2006 à 20h23 - par  Xavier SALLANTIN

Alain a tout à fait raison et c’est ce qui fait la distinction entre
l’histoire naturelle infrahumaine où, selon Darwin, l’adaptation est
l’attracteur naturel auquel l’évolution est assujettie, et l’histoire
culturelle humaine où l’homme arbitre librement entre la soumission ou
l’insoumission à tout assujettissement naturel.
L’erreur d’Anne Dambricourt est de voir dans l’évolution de l’os
sphénoïde l’assujettissement à un attracteur étrange qui gouverne l’histoire
naturelle en direction de la fin que constitue l’apparition de l’homme.
C’est l’erreur du néofondamentalisme qui affirme que le dessein de Dieu est
un projet intelligent visiblement écrit dans la nature auquel l’homme est
coupable de ne pas se soumettre. Autrement dit le surnaturel est inscrit de
manière évidente dans le naturel tel un phare guidant nos pas dans la nuit.
Or cette évolution du sphénoïde n’a rien d’étrange, elle n’est pas
différente de celle du sabot des équidés, de l’oeil ou de n’importe quel
organe. Elle est finalisée par l’adaptation au milieu qui, en favorisant la
reproduction, opère la sélection naturelle. Mais cette adaptation aveugle à
tel milieu peut devenir de l’inadaptation s’il vient à changer comme lors
des catastrophes naturelles qui ont bouleversé l’environnement des
dinosaures ; Ils ont disparu comme l’entrepreneur ruiné par ce qu’il n’a pas
prévu l’évolution du marché et les retournements de conjoncture.
Lorsque le sapiens sapiens constate cette exigence d’adaptation à un
environnement changeant faisant fonction d’attracteur, il n’est pas plus
avancé en ce qui concerne le pilotage au quotidien de son comportement
conformément au dessein (ou à la volonté) de Dieu. Sa conduite n’est pas
dictée par ce dessein comme par un servopilote. Certes il observe qu’en
principe la paix est préférable à la guerre, l’entente est préférable à la
mésentente, la vie à la mort, mais en pratique il lui faut refuser même au
prix d’un conflit la soumission à la dominance momentanée d’un milieu
aliénant ; il lui faut se rebeller contre toute hégémonie politique ou
culturelle contraire à ce qui lui semble nécessaire à l’épanouissement de sa
personnalité ; il lui faut combattre pour faire changer ce milieu qui
l’oppresse ; il lui faut sauvegarder sa liberté d’être d’accord ou pas
d’accord quitte à préférer la mort à la servitude. La dramatique erreur des
néofondamentalistes américains est de reconnaître en Bush un pilote qui a
mis le cap sur cet attracteur surnaturel tel un phare évident à leurs yeux.
Pour la TGS l’histoire de l’Univers révèle effectivement un dessein
transcendant d’accord progressant vers sa perfection, mais cette fin de
l’histoire ne fait aucunement fonction d’attracteur permettant à tout homme,
tel une boussole, de mettre à tout moment sa volonté en conformité avec la
volonté de Dieu ; Pour le chrétien, seule l’assistance de l’Esprit Saint
librement sollicitée et totalement respectueuse de sa liberté lui permet de
réaliser cet alignement.

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samedi 7 janvier 2006 à 16h10 - par  Alain BRUYERE

Cher Xavier,

Il me semble qu’il y a deux types d’attracteur ; celui relatif au projet et celui relatif au choix d’adhérer ou non au projet. Selon moi il y a confusion dans le texte. Je conçois que la TGS réfute l’idée d’attracteur lié au choix car cela qui nierait la liberté de l’homme (bien que qui dit attracteur ne dit pas dictature), mais quant au projet, il me semble que la TGS dit clairement qu’il est cette participation de la Création à l’Amour infini qui se concrétise d’ailleurs par cette flèche d’Accord qui tend, depuis le Commencement et à travers toutes les émergences passées et futures, vers un Accord de plus en plus parfait pour terminer justement en Omega, en Amour infini. Selon moi il s’agit ici bel et bien d’un attracteur ! Ai-je mal compris ?

Merci

Alain

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samedi 7 janvier 2006 à 13h49 - par  Dominique PECCOUD

Un grand MERCI pour ce texte remarquable de clarté et tout en nuances.
Il est intéressant de retrouver dans ces thèmes tous ceux qui ont émergé
auparavant et débouché sur les théorème de limitation interne des
formalismes. De ce point de vue, la démonstration que les emboitements de
métalangages, nécessaires pour résoudre des indécidabilités de niveau
inférieur, ne peuvent converger vers un métalangage autoréféré et constituent
donc une suite infinie, montre bien que le seul fait du langage,
caractéristique de l’humain (qu’ils soit scientifique matérialiste ou non
 !), fait appel à une convention fondatrice qui le dépasse. La non entrée
dans cette convention est typiquement le langage du schizophrène, mais,
chez lui, elle n’est pas refus conscient de la convention, ce qui n’est pas
le cas de la suffisance (au sens étymologique) matérialiste.
Que de pistes à creuser dans le présent avant de pouvoir se rassasier un
jour, dans le Royaume, de leur contemplation !

Très bonne année 2006