L’Evangile selon la science (Piergiorgio Odifredi)

Robert Laffont 2003
vendredi 16 juillet 2004
par  Bertrand LALLOUR

La technologie est aujourd’hui le paradigme culturel de l’occident.

Concilier le triple apport de, la métaphysique pour l’inspiration du modèle, des mathématiques pour sa formulation et de la physique pour sa vérification.

P 56 : Développements sur le principe cosmologique et l’existence d’un temps cosmique. Voir Roger Penrose « L’Esprit, l’ordinateur et les lois de la physique ».

Seulement 10 % de la masse calculée de l’univers sont visibles.

« De celui qui sait que l’être, le néant, la mort, la vie n’ont qu’une même origine, je suis l’ami ». L’éveil est cet état de perception intime de l’essence du monde. (Taoisme)

Globalement, la science travaille sur la matière et le comment ; le spirituel dans ses approches philosophiques et théologiques, travaille sur le sens et le pourquoi.

Avec Teilhard, considérer l’Evolution comme une spiritualisation de la matière. Toujours considérer le monde intérieur et le monde extérieur, le dedans des choses et leur dehors.

Paradoxe Parméidien à propos du Néant ou du vide : « Comment pouvoir être le non-être », c’est à dire « ne pas être l’être » ! Car ne pas être, c’est être autrement .
Mais coïncidence dynamique des contraires. Hégel : « L’Etre pur et le néant coïncident ». Utilité rhétorique de la négation de la négation, cautionnant une affirmation. L’être et le néant , le consistant et le vide....

« Une contradiction logique apparente peut masquer une cohérence plus profonde, inexprimable dans le langage ».
Dans le langage des mots, le mot, quoique conventionnel, reste ouvert et sujet à une libre interprétation, alors que dans le langage des nombres, le chiffre formalise et clôture pour mieux construire un pur raisonnement logique.

Or il faut se rendre à l’évidence au niveau quantique : « La vision du monde, comme ensemble d’objets distincts, concrets et indépendants, est déconnecté de la réalité matérielle ».

P 88 : « Les problèmes de la mécanique quantique viennent tous en dernière analyse, du fait qu’elle est contrainte de décrire les phénomènes de niveau microscopique, à travers un langage naturel et un formalisme mathématique élaborés au fil de l’évolution biologique et de l’histoire culturelle, pour des phénomènes de niveau macroscopique ».

« Ainsi le fait même de mesurer une des propriétés du système microscopique, le modifie d’une manière substantielle et empêche donc de mesurer les autres propriétés », d’où une description de la Réalité en termes probabilistes, à travers une « fonction d’onde ». (principe d’incertitude d’Heisemberg).

Il serait donc plus raisonnable de parler d’une description épistémologique de la nature des choses basée sur l’expérimentation, que de prétendre pour la science, à une approche ontologique !

P 91 : La complémentarité, préconisée par Niels Bohr (Interprétation de Copenhague, 1927), est donc « un principe de cohérence et d’incomplétude de la mécanique quantique ».
« En biologie , par exemple, on emploie couramment un double paradigme pour aborder le problème de la vie : d’un côté le mécanicisme, qui tends à expliquer les phénomènes physico-chimiques (cause et effet) ; de l’autre, le finalisme, qui les aborde au contraire en termes téléologiques (fin et but) ».
Ces deux explications (comme dans de nombreux cas) sont complémentaires et irréductibles. Elles sont toutes deux nécessaires.
De même en psychologie, dans l’étude du problème de la conscience : d’un côté l’explication neurophysiologique des mécanismes cérébraux, de l’autre la sensation du libre arbitre et de la liberté de l’esprit.

Bohr : « Les vérités superficielles sont celles dont la négation est contradictoire, et les vérités profondes celles dont la négation est encore une vérité »...

Après l’expérience E P R de 1935 (Einstein), John Bell en 1964 démontra que « la vision naïve du monde fondé sur les trois principes de séparabilité, de réalité et de localité est contraire à l’expérience et qu’il faut en laisser tomber au moins un des trois ». Ainsi, par exemple, l’abandon du principe de « réalité », permet de surmonter le fait que des corps macroscopiques soient, malgré l’évidence, constitués de composants microscopiques irréels !

P 101 : L’ordre impliqué. David Bohm (La plénitude de l’univers, 1987), propose d’abandonner la vision métaphysique encore dominante, fondée sur l’existence d’une « multiplicité divisée », pour passer au « devenir d’une totalité indivise ».
De l’écoulement de la totalité se détacheraient les structures momentanées que nous appelons dans certains cas des objets, dans d’autres des pensées : la matière autant que l’esprit ne seraient donc que des abstractions fugaces du flux universel.
L’ordre impliqué se réalise ici à travers un hologramme dans lequel chaque partie renvoie au tout (holonyme).Pour Bohm, cet ordre impliqué se connaît inconsciemment, alors que l’ordre expliqué est naturellement celui des sens et de la raison au premier degré. (Ces deux ordres étaient déjà proposés par Nicolas de Cues dans « De la docte ignorance »)
(Il serait intéressant d’approfondir cette alternative de la dialectique traditionnelle de la multiplicité et de l’unité) !

P 130 : Pour Heisemberg, le monde microscopique est réel et objectif, mais autrement que le monde macroscopique. Le premier fluctue dans une multiplicité héraclitéenne (devenir), le second gît dans une univocité parménidienne (être).
Henri Stapp dans « Esprit, matière et mécanique quantique » (1993), échafaude une théorie quantique de l’esprit, « définissant la conscience comme une manifestation de l’effondrement physique de la fonction d’onde, qui nous rends psychologiquement conscients ».
« La conscience est donc la contrepartie macroscopique du processus de fixation inconscient des structures microscopiques du cerveau, de même que les sensations sont la contrepartie macroscopique du fonctionnement de l’organisme ».
On peut donc dire que l’esprit est (par la médiation de la conscience) la manifestation du processus de la « potentia », qui s’actualise ! « L’esprit est l’expérience du niveau quantique de la réalité ».

P 160 + : Développements sur les preuves ontologiques de Dieu , raisonnement logique maximal, « tel qu’on ne peut en imaginer un plus grand ».

P 181 : Voir George Boole « Les lois de la pensée » (traduit en 1992 chez Vrin), qui constitue l’acte de naissance de la logique mathématique. Il y introduisait un formalisme mathématique pour le traitement de la pensée qui, devait conduire aux langages de programmation des ordinateurs et à l’informatique moderne.

P 194 : Leibnitz en 1734 (à titre posthume) publie « Démonstration mathématique de la création et de l’ordonnancement du monde »qui redécouvre le système de notation binaire : « Pour engendrer tout à partir du néant, il suffit du un »...

P 202 et 204 : « On peut reformuler le problème des universaux comme un débat sur l’ontologie des mathématiques : qu’est ce qui existe vraiment, les ensembles ou les éléments » ? « Sur le plan mathématique, tout le mystère de la Trinité serait donc là : Dieu est un, du point de vue de l’ensemble, mais trine, du point de vue des éléments ».
N de Cues concilie ces points de vue dans le « Dé conjecturis », en évoquant des niveaux de raisonnement différents avec pour chacun une logique appropriée :
« Les sens, nous apportent des perceptions confuses du monde des objets ; la raison, des intuitions vraisemblables sur le monde des idées ; l’intellect, des informations vraies sur le monde des ensembles ». « La logique des sens consiste uniquement en affirmation des faits ; celle de la raison, est celle classique du tiers exclu (non contradiction) ; enfin la logique de l’intellect, est celle de la dialectique ».

P 223 à 255 : « Options pour le troisième millénaire » : (non résumés).


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